Les effusions font des mécontents parmi les propriétaires d’animaux
SUISSE ROMANDE : Les effusions qui résonnent tous les soirs dès 21 h font des mécontents, surtout parmi les propriétaires d’animaux.
PĂ©tards, feux d’artifice, casseroles et sonos dignes d’un club : depuis trois semaines, des balcons accueillent parfois de bruyantes explosions de joie le soir, Ă 21 h.
Au dĂ©part, l’idĂ©e Ă©tait de montrer, Ă travers des applaudissements, un soutien aux travailleurs en première ligne dans la lutte contre le coronavirus. Mais très vite, le phĂ©nomène a pris une dimension festive et exubĂ©rante. Ces manifestations font des mĂ©contents. Ils sont discrets, de peur de passer pour des rabat-joie ou pire, des Ă©goĂŻstes. Parmi eux figurent des propriĂ©taires d’animaux. « J’ai une chienne qui a une phobie terrible des pĂ©tards et qui est paniquĂ©e chaque soir de 21 h Ă passĂ© minuit », relate une Genevoise, presque en s’excusant.
On parle d’une Ă©pidĂ©mie et il n’y a rien Ă fĂŞter !
D’autres ont un souci plus moral avec la dĂ©marche. « On dirait que les gens oublient qu’on parle d’une Ă©pidĂ©mie, dĂ©plore un Vaudois. Il n’y a rien Ă fĂŞter !» Le fait que la pratique divise n’a rien d’Ă©tonnant pour RenĂ© KnĂĽsel, sociologue Ă l’Uni de Lausanne. « Il y a deux propos qui se rencontrent, analyse-t-il. Une manifestation de solidaritĂ© dans une crise grave et une volontĂ© de montrer qu’on est lĂ , vivants, bien que confinĂ©s. » Pour le scientifique, les citoyens qui exultent de façon excessive sont dans une forme « d’expĂ©rimentation des limites » difficile Ă supporter pour certains. « Ceux-lĂ se retrouvent face Ă un paradoxe. DĂ©noncer un mouvement de solidaritĂ© est dĂ©licat. En mĂŞme temps, ces dĂ©bordements festifs, en soirĂ©e qui plus est, sont une dĂ©viance sociale importante dans nos cultures. Le bon Ă©quilibre est donc encore Ă trouver. »
Source : Francesco Brienza / 20min.ch papier du vendredi 03 avril 2020
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