Les chiens qui hurlent leur solitude

Le chien émet sa tristesse

Lorsqu’un chien aboie dans un appartement ou devant une villa avec exagĂ©ration, c’est-Ă -dire en importunant le voisinage, il s’agit gĂ©nĂ©ralement de remĂ©dier Ă  la situation en s’adressant Ă  la police.

Le hurlement de longue durĂ©e prĂ©cĂ©dĂ© d’aboiements est la manifestation vocale par laquelle le chien Ă©met sa tristesse. Elle provient d’un chien qui se sent oubliĂ©, parce qu’il est enfermĂ© sans compagnie humaine ou canine. Les aboiements disent son dĂ©sir de ne plus ĂŞtre seul, tandis que le hurlement exprime l’angoisse de ne pas obtenir de rĂ©ponse. On peut retranscrire de cette façon:
« Je m’ennuie Ă  mourir. Pourquoi personne ne vient-il me voir ? »

Chien qui hurle d'ennui

Le sixième sens des chiens

Le chien recours Ă  ce mode d’expression quand if sent la mort ou le malheur rĂ´der. On lui accorde parfois un sixième sens, proche du pouvoir de divination.

Pour ceux qui ne se satisfont pas des arguments irrationnels. Il existe une explication toute simple. Lorsqu’il y a un malade dans une maison, les soins qu’il rĂ©clame font passer le chien au second plan ; on lui attache moins d’importance ; on s’occupe moins de lui ; on le laisse dehors ou on l’enferme pour qu’il ne dĂ©range pas. Le chien qui vivait au sein de la famille, dormait, par exemple, dans la chambre· de la personne alitĂ©e, se retrouve tout seul ; il clame sa dĂ©tresse en hurlant. Après un deuil, on reconstruit l’instant en disant : « Jamais on a entendu le chien hurler comme il a hurlĂ© la nuit oĂą grand père est mort. Il savait sĂ»rement que la fin Ă©tait proche. » En rĂ©alitĂ©, le chien hurlait parce que personne n’avait le temps de s’occuper de lui ; il disait son angoisse d’ĂŞtre seul.

Le chien qui hurle peut-ĂŞtre un signe que son maĂ®tre le dĂ©laisse. Cela peut-ĂŞtre est le cas lorsqu’un chien est seul toute une journĂ©e, son maĂ®tre le quittant le matin pour revenir seulement le soir. Cela n’est (malheureusement !) pas une infraction Ă  la lĂ©gislation sur protection des animaux, sauf s’il y a des traces manifestes de nĂ©gligence, comme, par exemple, un chien attachĂ© toute la journĂ©e ou des excrĂ©ments visibles dans le logement ou sur le balcon.

Le chien et l’après Covid

En cette pĂ©riode de pandĂ©mie, nos habitudes ont considĂ©rablement changĂ©: le tĂ©lĂ©travail, les RHT, la perte d’un emploi, tout cela peut amener Ă  passer davantage de temps avec son canidĂ© Ă  la maison. C’est une excellente chose du point de vue du renforcement de la relation qui se produira avec son compagnon ; mais sans une anticipation au retour Ă  un rythme normal, que nous espĂ©rons tous, cela conduira Ă  une sĂ©paration douloureuse et une incomprĂ©hension du chien : « Pourquoi mon maĂ®tre ne reste-il-pas avec moi ? ».

Chien qui s'ennuie au chenil

Dans ce contexte, il est important de se renseigner auprès d’Ă©ducateurs canins pour mettre en pratique quelques exercices au quotidien.

Dans les chenils-pensions, dans les refuges, lorsqu’un chien hurle, on peut ĂŞtre certain qu’il s’ennuie gravement, parce que son maĂ®tre l’a abandonnĂ© soit pour quelques jours, quelques semaines ou dĂ©finitivement. Il faut en prendre conscience et s’occuper plus spĂ©cialement de ce chien en le rassurant, en le promenant, pour lui « changer les idĂ©es ».

C’est lĂ  le bienfait qu’apportent quotidiennement les nombreux promeneurs bĂ©nĂ©voles qui dĂ©gourdissent les pattes de nos pensionnaires.

Source papier : Courrier des bĂŞtes No 500, avril 2021

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